Bienvenue sur Notre Chine !
Après Notre Corée et Notre Japon, nous
poursuivons notre découverte
de l'Asie de l'Est
avec une nouvelle expatriation en famille à Shanghai.

Delphine et Philippe





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21/03/2011 - Passez moi le sel -
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Passez moi le sel

(Note de Delph)

En milieu de semaine dernière, mes amies qui ont voulu faire leurs courses ont été bien étonnées de voir des queues de dizaines de mètres dans les supermarchés de Shanghai. Dans toute la Chine, la foule s'est précipitée pour acheter du sel, la rumeur courant que celui-ci pouvait protéger des radiations nucléaires (grâce à l'iode qu'il contient) et qu'il risquait en conséquent d'y avoir des ruptures de stock.

En voyant les photos (http://www0.chinadaily.com.cn), je me dis qu'en cas de tremblement de terre, de tsunami et d'accident nucléaire à Shanghai, la foule chinoise sera peut-être bien plus dangeureuse que tout le reste.

Je n'en admire que davantage la dignité des Japonais dans cette catastrophe. Nous sommes de tout coeur avec eux. Nous pensons également à nos amis qui ont dû quitter ce merveilleux pays bien malgré eux, ou qui pour certains sont restés à Tokyo.



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19/03/2011 - Le Web aux caractéristiques chinoises -
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Le Web aux caractéristiques chinoises

Ca devient un fil rouge de ce blog d’aborder un sujet « avec des caractéristiques chinoises » (voir ici) . Il est vrai que les Chinois ont le don de s’approprier une idéologie (le socialisme) ou une technologie (les futurs réseaux mobiles « 4G » dont je m’occupe ici) en la copiant et en l’adaptant à leur société, à leur marché, à leur pays. A l’échelle d’un pays-continent, ça se voit, ça se sait à l’extérieur.

Prenons le Web par exemple. Problème des autorités : difficilement contrôlable. Solution : encourager la duplication des sites les plus célèbres, et y ajouter quelques « caractéristiques chinoises » pour en améliorer et en contrôler le contenu. Au passage, on développe des sociétés Internet (presqu’)aussi grosses et puissantes que leurs homologues occidentales.

Qui se soucie en Chine que quelques poignées d’expats ou de visiteurs ne puissent plus accéder à Facebook, Twitter ou YouTube ? On ferme de temps en temps les « proxies » que ces chers étrangers utilisent pour sauter par-dessus le « Chinese firewall », le pare-feu électronique qui interdit l’accès à ces sites, et on se concentre sur les sites en mandarin.

Inversement, qui a réalisé en Europe et aux Etats-Unis que parmi les dix plus gros sites Internet mondiaux (d’après le site Alexa) figurent désormais Baidu, le Google chinois, et QQ.com (groupe Tencent), la messagerie instantanée la plus populaire ici ? On parle quand même de 448 millions d’utilisateurs actifs pour QQ.com !

Une petite liste des équivalents chinois de vos sites préférés :

- Pour une recherche Google ou Yahoo, demandez plutôt à Baidu ; - Pour acheter sur eBay, tapez Taobao (« trouver quelque chose de précieux »), entrez sur le site de Jack Ma, le boss d’Alibaba.com… et payez bien sûr avec AliPay, l’équivalent chinois de PayPal ;

- Au lieu de YouTube, cherchez plutôt votre vidéo préférée sur Youku : on y a même trouvé une vidéo de Véronique Sanson après avoir regardé le film « Tout ce qui brille » ;

- Si Facebook vous manque, direction Renren, qui signifie gens-gens (ou encore « people [are] people » pour les fans de Depeche Mode) ;

- Sina Weibo, ou simplement Weibo, est le Twitter local ; Jiepang est le Foursquare local ; Manzuo est le Groupon local, … etc.

Les experts déclarent : « en 2010, on a copié Groupon, on a copié Foursquare. En 2011, faites bien attention à ce qui arrive du côté de Kik et de Quora. Je suis persuadé que vous verrez bientôt des dizaines de copies de ces sites en Chine » (Dr Lu Gang, observateur des tendances sociales sur Internet en Chine, cité par le Sunday Morning Post de Hong Kong le 27 février dernier).

Comme l’expliquait le spécialiste de l’énergie sur un post précédent, en Chine, on copie d’abord, puis on améliore ce qu’on a copié. Sur Internet également : « Copier n’est pas le problème. Le problème se pose une fois que l’on a copié le produit : comment l’adapter au marché local et comment innover », poursuit le Dr Lu.

Les amateurs du Twitter chinois Weibo (100 millions d’utilisateurs, une paille !) bénéficient de plus de fonctions que l’original : des alertes pour vous notifier d’un commentaire qui mentionne votre profil, un lien qui agrège les gazouillis (« tweets ») sur un même sujet, ou la possibilité d’ajouter un commentaire à un « tweet » que l’on fait suivre à ses amis.

Copier puis améliorer : économiquement, cela paraît dur pour les sociétés occidentales de lutter. Les Chinois le considèrent plutôt comme un étudiant en art qui va au Louvre apprendre son métier en copiant les toiles de maître.

Améliorer et contrôler (harmoniser) sont les deux objectifs que je notais plus haut. Avec autant de contenu généré en continu par les internautes, on peut se poser la question du contrôle. Mais les géants de l’Internet chinois suivent simplement la législation locale sur les contenus multimédias. Si vous publiez sur un de ces sites un contenu (message écrit ou vidéo) sur un sujet sensible, vous recevrez sans doute le message suivant : « le contenu de votre message est en cours d’analyse par nos managers ». Avis aux amateurs.



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2/12/2010 - Les chinois aiment le design suédois -
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Les chinois aiment le design suédois

(Note de Delph) 

La preuve, ils passent le week-end chez IKEA. Pour vous donner une idée, prenez l'affluence d'un magasin IKEA de région parisienne et multipliez par 3, ou plutôt 4 ou 5 même.

Les gens s'intallent sur les meubles d'exposition, ils mangent des glaces à 1 yuan assis aux tables de cuisine, papotent avec leurs amis, se photographient en prenant des poses et bien sûr font un petit somme sur les canapés. Ils mangent des boulettes suédoises à la cafétéria à toute heure de la journée et il est bien difficile de trouver une table libre à 15h30 (pas pour les boulettes, mais pour un goûter).

Arrivé dans la partie libre service, impossible de circuler avec un chariot. A ce stade du circuit, on a perdu toute envie de flâner dans les rayons et le seul objectif est de sortir du magasin, au plus vite ! Mais qu'est-on venu faire dans ce drakkar ? Tant pis pour les bols Vlakkaaddd et les bougies Bjürrdokk ... De toutes façons, le rayon des décorations de Noël est limité à trois boules et deux guirlandes, alors !

Heureusement, le personnel reste étonnamment disponible et la queue aux caisses est finalement tout à fait raisonnable par rapport au nombre de visiteurs... Normal, ici IKEA est un magasin haut de gamme où beaucoup de visiteurs viennent avant tout rêver, s'inspirer de la décoration ou prendre les meubles en photo pour les faire ensuite copier ! Cela dit, la société suédoise envisagerait de porter de 8 à 18 le nombre de ses magasins en Chine d'ici à 2015 (http://www.business-internet-chine.com) sa stratégie serait donc efficace et les chinois ont encore de beaux week-end de détente devant eux chez IKEA.



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16/11/2010 - Touche pas à ma valise ! -
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Touche pas à ma valise !

(Note de Delph)

Avant de vivre en Chine, je crois n'avoir jamais assisté à une  bagarre. Il faut dire que je ne traîne pas trop dans les quartiers chauds au milieu de la nuit... 

Mais ici, on peut assister à de vraies bagarres avec des gens qui se crient dessus et qui en viennent aux mains, en pleine journée, dans la rue, au supermarché, en bas de notre immeuble... ou encore en arrivant dans un village touristique, comme pendant nos dernière vacances où deux personnes, dont une femme, se sont arrachés notre valise sous nos yeux médusés pendant une longue dizaine de minutes : le village de Pingan dans le Guanxi n'est accessible qu'après une grimpette de 20 minutes à pied et les villageois gagnent un peu d'argent en portant les valises des touristes depuis le parking... Heureusement la valise (made in China d'ailleurs) a tenu le coup !

Cela fait bien la quatrième ou la cinquième bagarre que je vois en un an et je m'interroge. Faut-il parfois en venir aux mains pour sauver la face ? Cela ne cadre pas vraiment avec ce qu'on nous apprend en arrivant en Chine, à savoir ne pas élever la voix, ne pas s'énerver... On donne peut-être ce conseil aux étrangers pour leur éviter de se faire casser la figure finalement !



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26/05/2010 - Faire du business en Chine… avec des caractéristiques chinoises -
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Faire du business en Chine… avec des caractéristiques chinoises

Un des mes professeurs de l’université Tsinghua à Pékin discute avec la classe de la fameuse expression de Deng Xiaoping lors du tournant des réformes dans les années qui suivirent sa prise de pouvoir en 1979 : le « socialisme aux caractéristiques chinoises ». Qu’est-ce que cela peut bien être ? A l’époque, l’expression avait été forgée pour se démarquer du marxisme pur et dur des « amis » soviétiques ; elle est ensuite devenue synonyme des réformes économiques qui propulsèrent la Chine où elle est aujourd’hui à coup de croissance « à deux chiffres » comme disent les journaux du soir. Mais en creusant un peu, on se rend compte que l’exhortation de Deng au peuple chinois « enrichissez-vous » sous-tend des manières de faire du business en Chine qui lui sont propres. C’est là toute la difficulté des sociétés occidentales, petites startups ou grandes multinationales, qui essaient de s’approprier une part du gigantesque gâteau chinois.

Caractéristique n°1 : le pragmatisme est roi… tant que vous ne mettez pas en danger la stabilité politique du pays. Le troisième slogan préféré de Deng « peu importe si un chat est noir ou blanc du moment qu’il attrape des souris » est mis en pratique du moment que vous ne défiez pas le parti. Organe aux soixante millions de membres, le Parti imposera un secrétaire au sein de votre entreprise pour vérifier que vos activités ne font pas de vagues. Dans un pays si peuplé et si vaste, la chose que craignent le plus les gouvernements de tout poil depuis des siècles est l’instabilité sociale.

Caractéristique n°2 : tout est interdit sauf si une loi l’autorise explicitement. Vous avez besoin d’une franchise du gouvernement (local, provincial ou central) pour tout. « Le chef de famille peut tout contrôler » et le gouvernement est le chef de famille de la nation. Mais comme il n’a pas le temps ni les moyens de s’occuper de tout, il choisit les enfreintes à la loi qu’il juge nécessaire d’appréhender. C’est ainsi que des dirigeants australien et chinois de Rio Tinto se retrouvent derrière les barreaux pour tentative de corruption ; c’est ainsi que les personnalités et hommes d’affaires chinois cités par le magazine Forbes comme les plus riches de Chine se retrouvent également poursuivis. Etre riche est officiellement interdit par la loi : on peut s’enrichir mais il faut savoir rester discret. Hu Jintao lui-même ne gagne que deux mille euros par mois ; comme tous les fonctionnaires de haut rang, il est rémunéré à l’aide d’avantages en nature. Parmi les soixante-dix millions de fonctionnaires que compte le pays (pas forcément les mêmes que les membres du parti), le prof se focalise sur les photographes officiels : pour être bien placés aux manifestations officielles, ils doivent monter dans la hiérarchie eux aussi. Sur une photo, on rigole en découvrant que les photographes du premier rang ont le grade de général de brigade, reléguant les colonels à l’arrière-plan !

D’autres caractéristiques chinoises sont difficiles à comprendre et à appliquer pour les entreprises occidentales : le régionalisme, le pouvoir des gouvernements provinciaux est souvent négligé ; les disparités économiques entre les riches provinces de la côte et l’intérieur pauvre et sous-développé sont souvent mal intégrées. Ayant l’échelle d’un continent, le pays « Chine » doit se comprendre comme une fédération de provinces relativement indépendantes économiquement, avec leurs concurrents locaux connaissant bien les clients et fournisseurs du cru et une logistique encore balbutiante qui relie les provinces entre elles. Transportez des canettes de bière de votre centre de production vers une autre province : vous devrez changer de transporteur, donc de camion, à chaque frontière provinciale et la moitié de vos canettes en verre n’aura pas survécu aux cahots des routes locales.

Ce qui est une fois de plus fascinant est que ce grand professeur reconnu se permet (comme l’économiste dont j'ai parlé en janvier voir ici ) de conclure en égratignant les pratiques de son pays devant ce parterre d’étudiants chinois et occidentaux. Il fait la liste des risques de faire du business dans une Chine aux caractéristiques… chinoises : l’absence de cohérence dans l’application des lois, le népotisme, le peu de confiance dans les institutions, la corruption et le coût de la corruption. Et il en revient toujours au pouvoir du gouvernement : « une fois que c’est interdit, il n’y a plus de recours ».

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