Bienvenue sur Notre Chine !
Après Notre Corée et Notre Japon, nous
poursuivons notre découverte
de l'Asie de l'Est
avec une nouvelle expatriation en famille à Shanghai.

Delphine et Philippe





NOS AUTRES SITES

     
(Notre Corée et Notre Japon ne sont malheureusement pas accessibles depuis la Chine pour le moment)
Sell Art Online  



NOS LIVRES




MENU



DERNIERS ARTICLES




RUBRIQUES


VIDEOS SUR SHANGHAI


INFOS CHINE


BLOGS SUR LA CHINE



SITES ET BLOGS DES COPINES



MES ALBUMS



LES SITES WEB QUI PARLENT DE NOUS

expatriation
http://www.wikio.fr Fotolia


VISITEURS



Locations of visitors to this page


LES PROS DE LA FAMILLE
Frederic Berthet, photographe   Al Cantara


12/01/2010 - Le destin ordinaire d’un éminent économiste chinois -
Publié dans Societe

Le destin ordinaire d’un éminent économiste chinois

 

La Chine se construit sous nos yeux : elle se développe, se renforce, s’affirme sur la scène internationale. Pas besoin d’une thèse en économie pour s’en rendre compte au quotidien, qu’on vive ici ou ailleurs : le G2 sino-américain, on ne parle plus que de ça.

 

J’ai la chance incroyable de suivre des cours d’Executive MBA depuis six mois avec la plus internationale des écoles de management européennes, l’INSEAD, et avec la plus reconnue des universités chinoises, Tsinghua. Au-delà de la valeur professionnelle et personnelle de ces cours, le profil et le talent pédagogique des profs force souvent l’admiration. Chez les profs chinois de Tsinghua, c’est également leur trajectoire, leur entregent, leur connaissance de la grande mécanique chinoise qui impressionne. C’est en ce sens que l’histoire de David D. Li mérite qu’on s’y attarde, qu’on adhère ou pas à ses théories économiques.

 

Il en parle longuement sur premier transparent de son cours, sobrement intitulé « who is David D. Li ». C’est la première ligne qui retient mon attention : « Né à Pékin, fils de diplomates en disgrâce politique ; éduqué par des paysans durant la Révolution Culturelle ». Ca pose tout de suite le sujet. Au passage, ça dénote une sacrée ouverture d’esprit de l’administration que de laisser un des fers de lance de son économie s’exprimer ainsi devant des étudiants pour la plupart étrangers.

Il nous explique que Zhou Enlai était Ministre des Affaires Etrangères (et premier ministre) quand Mao lance la révolution culturelle ; après une brève résistance, Zhou Enlai tourne casaque et le 4 novembre 1969 (mon prof doit avoir moins de dix ans à l’époque d’après nos calculs), il somme deux mille officiels de son ministère de quitter Pékin et d’aller se faire rééduquer à la campagne. La famille Li a une semaine pour emporter quelques effets ; durant les années qui suivent, ses parents, sa sœur et lui vivent dans trois province différentes, toutes situées loin des grandes villes de la côte Est, dans cette « deuxième Chine » qui aujourd’hui encore est tellement sous-développée en regard des provinces maritimes. Le professeur conclut joliment que cette expérience lui a permis d’appréhender le quotidien des paysans des provinces reculées et que cela lui sert dans son travail d’aujourd’hui. Cela résonne en moi car une de mes amies Chinoises qui est dans la classe avec moi, a vécu une expérience similaire avec ses parents, même si elle est beaucoup plus jeune.

 

La deuxième phrase de son premier transparent indique qu’il a ensuite été « éduqué par Tsinghua durant l’ère des réformes ». On note sa fierté dans l’université et dans la nouvelle ère qui tous deux ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. L’université concurrente, la Peking University sise à quelques centaines de mètres de Tsinghua, enseignait encore les théories marxistes à l’époque des réformes de Deng Xiaoping. Et David Li de conclure : aujourd’hui, ses amis de Peking U sont obligés de faire venir leurs profs de l’extérieur, ceux qui ont été éduqués dans cette université sont des ‘has been’ économiquement parlant. Sa voix vibre en citant l’examen national qui lui a permis d’accéder au graal de Tsinghua : une journée dans toute la Chine où seulement le meilleur de chaque lycée sera admis ici, cet examen qu’il décrit comme étant sans doute la seule chose non corrompue en Chine (!)… avant d’ajouter « mais les professeurs arrondissent leurs fins de mois en faisant bachoter les lycéens en vue de l’exam».

 

On passe sur la suite de sa bio : doctorat à Harvard avec plusieurs profs Prix Nobel, de retour en Chine en 2004, rendant à la Chine ce qu’elle lui a donné : la possibilité d’éduquer des millions de jeunes ingénieurs ou économistes (la bagatelle de 6 millions de nouveaux ingénieurs sont formés en Chine tous les ans !).

S’ensuit un cours magistral de deux jours sur « les échanges économiques internationaux », au cours duquel on mentionnera en passant une fois ou deux l’union européenne ou l’Allemagne, mais qui en fait souligne le combat de titans désormais engagé entre la Chine et les Etats-Unis. J’y reviendrai la semaine prochaine.

Ajouter un commentaire
Mots clefs : Histoireéconomistechinoiséconomie

22/01/2010 - Commentaire sans titre
Publié par Vincent
Salut Philippe

As-tu négocié ton droit à l'image sur la pub Insead ?
;-)

Lien permanent

22/01/2010 - Commentaire sans titre
Publié par Anonyme
Tu parles ! Ils nous accordé un excellent cours de négociation il y a 3 semaines... mais ils avaient assuré leurs arrières en nous faisant signer une décharge en début de programme :). T'as vu, ils ne m'ont même pas déflouté sur la photo, afin faire le point sur le superbe rire de mon ami Rajesh !

Lien permanent