Bienvenue sur Notre Chine !
Après Notre Corée et Notre Japon, nous
poursuivons notre découverte de l'Asie de l'Est
avec une nouvelle expatriation en famille à Shanghai.
Delphine et Philippe
NOS AUTRES BLOGS
(ces blogs ne sont malheureusement pas accessibles depuis la Chine pour le moment)
Le 14 février 2010, nous entrerons dans l'année du Tigre de Métal.
Côté supermarchés, le rayon des décorations du Nouvel An (que les Chinois appellent plutôt la Fête du Printemps) a succédé directement à celui des décorations de Noël dès le début du mois de janvier ! Une véritable débauche de rouge et de doré. Et à quelques jours de la grande fête, faire les courses ressemble de plus en plus à un parcours du combattant : il faut faufiler le caddie entre les jambons entiers rangés dans des boites cadeaux empilées au milieu des allées et jouer des coudes avec les mamies chinoises qui essaient de vous piquer votre place à la pesée des fruits et légumes.
Je n'ai pas succombé aux jambons mais j'ai craqué pour : des bambous tournicotés (symbole de longévité), des décorations rouges et dorées en forme de carpes (gain dans les affaires), un super cabas pour les courses (ça aussi c'est un symbole de gain, mais pour le magasin seulement) et enfin un magnifique caleçon ultra sexy avec un tigre dessus ! Car pour le nouvel an, il faut porter du rouge qui attire la chance, et ce, jusqu'au sous-vêtements.
C'est dans l'actualité : la Chine, avec 13,64 millions de voitures vendues en 2009, devient le premier marché automobile mondial devant les Etats Unis.
Cela en dit long sur l'évolution du niveau de vie des Chinois, sachant qu'à Shanghai l'heureux propriétaire d'un véhicule doit également payer la plaque d'immatriculation, qu'il conserve ensuite si il change de voiture. Un de nos amis a ainsi payé sa plaque environ 400 euros, mais les prix, fixés aux enchères, sont très variables : en 2007, ils ont atteint le niveau record de 5 000 euros, soit 50% du prix de la voiture ! Ce système est spécifique à la ville de Shanghai qui entend ainsi limiter les embouteillages.
Mais au fait, seriez-vous reçu au code de la route chinois ? Extraits...
Question 10.19:
Quand un conducteur fait fausse route, il faut:
A. Ne pas le dire à la personne concernée et demander un dédommagement à l'arrivée.
B. Le rappeler à l'ordre pour lui éviter des accidents.
C. Faire le sourd.
Question 10.15:
Quand les conducteurs veulent cracher, il est possible de:
A. Le faire par la fenêtre.
B. Cracher dans un papier et le jeter dans une boite à ordures.
C. Cracher dans la voiture.
Question 10.26 Si une personne demande son chemin, ce n'est pas bien de:
A. Lui demander de l'argent avant de répondre.
B. Ne pas répondre alors que l'on connait le chemin.
C. D'indiquer un faux chemin.
Question 10.29:
Quand un conducteur rencontre une voiture en panne sur une route mauvaise, il faut:
A. Ne surtout pas s'arrêter.
B. L'aider du mieux possible.
C. L'aider si le conducteur paie cher.
Question 10.12:
Si un passager oublie quelque chose dans votre voiture, ce n'est pas bien de:
A. Garder les choses pour soi-même.
B. Jeter les choses dans une boite à ordures.
C. Négocier avec le passager pour lui rendre les choses.
Authentique (même si les traductions que j'ai trouvées laissent un peu à désirer) ! Le code comprend 737 questions, réparties en dix rubriques. Les questions ci-dessus sont extraites de la dernière qui porte sur la civilité au volant.
Mais dans la pratique, le code de la route chinois pourrait se résumer à une seule règle : c'est le plus gros qui a la priorité !
Le tiers-monde : la Chine, usine du monde et banque mondiale
La sagesse économique populaire veut que le monde se divise en deux catégories : les pays développés ou « riches » et les pays en voie de développement ou émergents (que personne n’ose appeler « pauvres »). Intuitivement, les pays riches sont riches parce qu’ils ont de l’argent, du capital, plus qu’ils n’en ont besoin. Les pays émergents sont en général riches de leur population qui peut travailler à bas coût. Il y a quelques années, la Chine était naturellement placée dans la seconde catégorie : sa main d’œuvre bon marché lui a permis d’inonder les pays développés de produits « made in China », générant un excédent commercial phénoménal. Inversement, beaucoup de capital est nécessaire au développement de la Chine et les gouvernements de « l’ère des réformes » depuis 1979 encouragent les investissements étrangers (je travaille ici dans une Joint-Venture entre une société franco-américaine et des partenaires chinois). Ce qui a modifié la donne, c’est que les Chinois ont transformé cet afflux de capitaux en épargne. Ils ont bien sûr énormément augmenté leur consommation (le nombre de voitures dans les grandes villes, les cosmétiques, etc.), mais ils ont également énormément fait grossir leur bas de laine. Et quand la Chine fait quelque chose énormément, ça donne une réserve d’argent colossale, hypertrophiée : les Chinois dorment sur un matelas de billets haut comme l’Himalaya ! Huit mille milliards d’équivalent dollars en réserve de Renminbi et encore deux mille trois cents milliards d’équivalent dollars en réserve de monnaies étrangères, principalement en dollars américains d’ailleurs. En l’espace de deux ou trois décennies, la Chine est devenu le plus grand investisseur mondial. Elle était considérée à juste titre comme « l’usine du monde », elle va désormais également nous servir de « banque mondiale ».
Le monde est toujours divisé en deux, mais la Chine a créé à elle seule un tiers monde (au sens de Rabelais), un troisième monde puissant, bien loin de l’acception condescendante du terme quand on cachait la misère du monde derrière le vocable neutre de « tiers monde ».
Les Etats-Unis qui génèrent tout de même un quart de l’économie mondiale à eux seuls vivent depuis longtemps à crédit ; ils ne sont plus fournisseurs de capitaux pour le reste du monde, ils sont désormais créditeurs de la Chine (et d’autres pays riches comme les pays producteurs de pétrole). On comprend mieux que les discussions politico-économiques se cristallisent désormais autour du « G2 » sino-américain, que cela nous plaise ou non.
Comment en est-on arrivé là ? La clé est le taux d’épargne des Chinois, celui des ménages, des institutions bancaires et du gouvernement. Le raisonnement est le suivant. Petit a : bien sûr, la Chine fait toujours partie des pays en voie de développement avec un PNB par habitant de l’ordre de 3300 dollars, alors que le seuil pour être considéré comme société développée se situe suivant les économistes aux alentours de huit à dix mille dollars (la France et les Etats-Unis sont au-dessus de 40000 dollars par habitant). Néanmoins, l’écart entre la Chine riche des provinces côtières et la Chine pauvre de l’intérieur est tel que la richesse moyenne des Shanghaïens, des Pékinois et des autres habitants des grandes villes de l’est s’élève plutôt autour de 9000 dollars par habitant. Petit b : s’ajoute à cela un coût de la vie moins élevé en Chine ; les économistes utilisent un coefficient de parité de pouvoir d’achat afin de mieux comparer la richesse perçue par les habitants de plusieurs pays. Pour la Chine, ils appliquent un coefficient de 3,2 vis-à-vis des Etats-Unis, ce qui fait que notre Shanghaïen moyen se retrouve avec l’équivalent de 29000 dollars en poche par an. Et là s’ajoute la dernière variable qui tue (notre petit c) : le chef de famille shanghaïen (ou pékinois) ramène son salaire pour nourrir sa famille de trois personnes, car depuis la politique de l’enfant unique, le foyer moyen en Chine est inférieur à trois personnes, alors que les Etats-Unis ou la France le foyer moyen en comprend souvent quatre. Avec l’équivalent de vint mille euros en moyenne par an pour vivre à trois, on comprend mieux que notre famille shanghaienne typique puisse se permettre de beaucoup épargner, même lorsqu’elle a acheté une voiture, un (vrai) sac Vuitton et la dernière console de jeux pour leur enfant-roi.
CQFD : cette frange de la population est déjà riche, au sens de l’économie mondiale. Elle épargne. De manière similaire, le gouvernement et les banques sont riches de l’excédent commercial chinois. Malgré des investissements faramineux en infrastructures dans tout le pays (on a déjà parlé du chantier à ciel ouvert qu’est devenu Shanghai), il épargne le reste. On aboutit à ces gigantesques réserves de capitaux dont la Chine ne sait que faire : un tiers monde riche en capitaux et riche en main d’œuvre bon marché s’éveille, se redresse, s’affirme sur la scène internationale. C’est un colosse aux pieds d’argile, on y reviendra. Mais surtout, il n’est pas certain que sa population profite de cette richesse croissante : à cause de la politique de l’enfant unique, le pays vieillit à toute allure.
Avec 162 millions de personnes âgées de plus de soixante ans et cette tendance s’accélérant, la Chine pourrait devenir vieille avant de devenir riche. Lire à ce sujet le bon article d’Aujourd’hui la Chine. Le gouvernement en est conscient et assouplit cette politique depuis quelques années dans les campagnes, et désormais également dans les villes.
Xintiandi est constitué de deux blocs de shikumens, des maisons anciennes qu'on ne trouve qu'à Shanghai, à plusieurs étages et aux façades de brique rouge dans un style assez européen. Le quartier a été rénové bien proprement, les maisons transformées en boutiques et restaurants chics et le tout est assiégé par les touristes asiatiques qui adorent, sûrement en raison du côté européen de l'architecture.
Un petit musée sympathique, le "Open House Museum", permet de visiter l'intérieur d'une maison avec meubles et objets des années 30. Le dernier étage du musée est consacré aux explications concernant la rénovation et c'est là qu'on apprend que si Paris a Montmartre, et Tokyo a Ginza, alors Shanghai a Xintiandi. Cherchez l'erreur !
Vous avez compris, ce n'est pas notre quartier préféré à Shanghai. Il est trop artificiel et bien trop petit pour se perdre dans les ruelles sans retomber rapidement sur la place principale et le boulanger Paul (Paul, ça doit être pour la Montmartre touch !), dommage... Cela dit, entre la visite du musée, un peu de shopping, le film Avatar en 3D au cinéma UME et le restaurant T8 qu'on vous recommande à la fois pour la cuisine et la déco (photo ci-dessous), nous y avons passé une très bonne journée !
Je me pose la question chaque fois que je prends le métro : qui sont ces jolies filles en tenue légère et numérotées qui s'alignent dans le couloir du métro "Shanghai Sciences and Technology Museum" (sur la ligne 2) ? Je vous en livre un petit échantillon en photo, mais il y en a bien plus que cela, c'est un véritable bataillon de charme qui aguiche le passant !
Les affiches étaient là à notre arrivée en août 2009, elles sont toujours là. Mais de quoi s'agit-il ? D'une campagne de pub pour des dessous féminins ? D'un concours de Miss ? Mais cela fait déjà six mois... Ces jeunes femmes seraient-elles à vendre ?
J'ai bien essayé d'interroger des passants, mais nous n'avons pas réussi à communiquer.... Et vous, qu'en pensez-vous ?
Le destin ordinaire d’un éminent économiste chinois
La Chine se construit sous nos yeux : elle se développe, se renforce, s’affirme sur la scène internationale. Pas besoin d’une thèse en économie pour s’en rendre compte au quotidien, qu’on vive ici ou ailleurs : le G2 sino-américain, on ne parle plus que de ça.
J’ai la chance incroyable de suivre des cours d’Executive MBA depuis six mois avec la plus internationale des écoles de management européennes, l’INSEAD, et avec la plus reconnue des universités chinoises, Tsinghua. Au-delà de la valeur professionnelle et personnelle de ces cours, le profil et le talent pédagogique des profs force souvent l’admiration. Chez les profs chinois de Tsinghua, c’est également leur trajectoire, leur entregent, leur connaissance de la grande mécanique chinoise qui impressionne. C’est en ce sens que l’histoire de David D. Li mérite qu’on s’y attarde, qu’on adhère ou pas à ses théories économiques.
Il en parle longuement sur premier transparent de son cours, sobrement intitulé « who is David D. Li ». C’est la première ligne qui retient mon attention : « Né à Pékin, fils de diplomates en disgrâce politique ; éduqué par des paysans durant la Révolution Culturelle ». Ca pose tout de suite le sujet. Au passage, ça dénote une sacrée ouverture d’esprit de l’administration que de laisser un des fers de lance de son économie s’exprimer ainsi devant des étudiants pour la plupart étrangers.
Il nous explique que Zhou Enlai était Ministre des Affaires Etrangères (et premier ministre) quand Mao lance la révolution culturelle ; après une brève résistance, Zhou Enlai tourne casaque et le 4 novembre 1969 (mon prof doit avoir moins de dix ans à l’époque d’après nos calculs), il somme deux mille officiels de son ministère de quitter Pékin et d’aller se faire rééduquer à la campagne. La famille Li a une semaine pour emporter quelques effets ; durant les années qui suivent, ses parents, sa sœur et lui vivent dans trois province différentes, toutes situées loin des grandes villes de la côte Est, dans cette « deuxième Chine » qui aujourd’hui encore est tellement sous-développée en regard des provinces maritimes. Le professeur conclut joliment que cette expérience lui a permis d’appréhender le quotidien des paysans des provinces reculées et que cela lui sert dans son travail d’aujourd’hui. Cela résonne en moi car une de mes amies Chinoises qui est dans la classe avec moi, a vécu une expérience similaire avec ses parents, même si elle est beaucoup plus jeune.
La deuxième phrase de son premier transparent indique qu’il a ensuite été « éduqué par Tsinghua durant l’ère des réformes ». On note sa fierté dans l’université et dans la nouvelle ère qui tous deux ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. L’université concurrente, la Peking University sise à quelques centaines de mètres de Tsinghua, enseignait encore les théories marxistes à l’époque des réformes de Deng Xiaoping. Et David Li de conclure : aujourd’hui, ses amis de Peking U sont obligés de faire venir leurs profs de l’extérieur, ceux qui ont été éduqués dans cette université sont des ‘has been’ économiquement parlant. Sa voix vibre en citant l’examen national qui lui a permis d’accéder au graal de Tsinghua : une journée dans toute la Chine où seulement le meilleur de chaque lycée sera admis ici, cet examen qu’il décrit comme étant sans doute la seule chose non corrompue en Chine (!)… avant d’ajouter « mais les professeurs arrondissent leurs fins de mois en faisant bachoter les lycéens en vue de l’exam».
On passe sur la suite de sa bio : doctorat à Harvard avec plusieurs profs Prix Nobel, de retour en Chine en 2004, rendant à la Chine ce qu’elle lui a donné : la possibilité d’éduquer des millions de jeunes ingénieurs ou économistes (la bagatelle de 6 millions de nouveaux ingénieurs sont formés en Chine tous les ans !).
S’ensuit un cours magistral de deux jours sur « les échanges économiques internationaux », au cours duquel on mentionnera en passant une fois ou deux l’union européenne ou l’Allemagne, mais qui en fait souligne le combat de titans désormais engagé entre la Chine et les Etats-Unis. J’y reviendrai la semaine prochaine.
Mais qui a parlé de sites internet inaccessibles en Chine ? Ici, il n'y a que des sites harmonisés... rien que du bonheur !
Ma jeune ado réclame un compte sur Facebook ? Pas besoin de négocier, le bon gouvernement qui veille sur la paix des familles s'en est chargé à ma place. Facebook, harmonisé !
J'ai un peu de nostalgie pour mes anciens blogs Notre Corée et Notre japon ? Au diable la nostalgie, vive l'avenir ! La plateforme Blogger, harmonisée !
Une copine m'envoie un lien vidéo sur Youtube ? Quelle perte de temps ! Youtube, harmonisé ! Même les vidéos intégrées à un site accessible disparaissent. Il ne reste rien, pas même un carré noir, juste un blanc comme si la vidéo n'avait jamais existé, on se croirait dans le générique des 4400. Il m'a fallu deux jours et une quinzaine de désinstallation/réinstallation de Flashplayer avant de comprendre que cela ne venait pas de mon ordinateur ! Heureusement, j'ai découvert la version chinoise Youku. Ne rigolez pas, ca dépanne...
J'ai bien essayé de me désharmoniser mais les solutions ne fonctionnent jamais bien longtemps et lorsque cela marche, on ne peut généralement pas accéder à toutes les fonctions de sites comme blogger ou facebook. Plus d'informations ici : http://www.bonjourchine.com/f121/f123/41150-acces-aux-sites.html#post115955
En revanche, vous qui n'avez pas le bonheur de vivre en Chine, vous pouvez quand-même choisir de surfer en toute harmonie grâce à un add-on de Firefox : http://chinachannel.hk/. Petits veinards !
1/01/2010
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Observation des kiwis et des manchots tout en bas
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Observation des kiwis et des manchots tout en bas
Se déplacer de quelques degrés à l’ouest de Bordeaux (ou de Saint-Astier) en plein golfe de Gascogne, creuser un trou bien droit d’environ 12760 kilomètres, ne pas se brûler en traversant au passage quelque magma bouillonnant, et émerger telle une taupe égarée pile de l’autre côté dans l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, vers Queenstown par exemple. En partant de Shanghai, on avait moins de trajet (douze de vol quand même) mais c’est quand même amusant de jouer avec les douze heures de décalage avec la France, surtout en cette période de fêtes : « Joyeux Noël » et « Bonne Année » avec douze heures d’avance, ça vaut son pesant d’e-mails et de SMS ! On est tout en bas du monde, « down under » comme disent les gens d’ici, on a la tête en bas et pourtant on tient !
Au large, les quarantièmes rugissants d’un Pacifique plus tellement pacifique ; plus bas, la prochaine terre en vue est celle d’Adélie, mais il faut encore compter plus de 4000 kilomètres à vol d’albatros pour atteindre le pôle sud, comme en témoigne un poteau indicateur bienvenu !
Le premier intérêt de ces vacances nature est cette faune insolite qui rappelle les docus animaliers sur les contrées froides : manchots et otaries (les anglophones les appellent des « penguins » et des « seals », comme ils appellent les dromadaires des « camels », mais bon on sait mieux qu’eux !), albatros royaux super grands et super rares, perroquets alpins endémiques et emmitouflés de duvet chauffant (le kea), etc.
En revanche, des trois symboles de la Nouvelle-Zélande on ne verra que leurs artéfacts touristiques : pas de kiwis en liberté mais un tee-shirt super marrant indiquant les étapes pour transformer l’oiseau kiwi en tranche de kiwi fruit, pas de rugbyman habillé tout en noir mais des boutiques All Blacks® en veux-tu en voilà, pas de danse de guerre maorie (ils sont plutôt sur l’île du nord) mais des cartes postales de hakas grimaçants.
Foin de kiwis à long bec, on se rabat alors sur l’observation des autres kiwis : c’est ainsi que se nomment eux-mêmes les Néo-zélandais. Super chaleureux et accueillants, avec un accent à couper au couteau, ils dévorent des côtelettes d’agneau par huit, parfois avec de la gelée de menthe pour se rappeler leurs origines britanniques, et descendent des litres de bière (idem) ou d’excellent sauvignon blanc (surtout celui de la région de Malborough, arôme de fruit de la passion confirmé par Louise et Delphine). Ils se promènent en short et en tongs parce qu’ici c’est l’été ; et même quand la température estivale descend en-dessous de dix-huit, ils enfilent une polaire mais gardent les tongs pendant que nous nous emmitouflons sous trois couches et allumons le radiateur d’appoint pour la nuit (chauffage central peu courant).
La nature est splendide dans l’île du sud : elle a servi d’écrin à de nombreuses scènes du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson n’avait qu’à rajouter quelques orques, elfes et gobelins pour faire illusion. Ici, les lacs ne sont pas juste bleus, ils sont parfois d’un turquoise éblouissant (sédiments minéraux minuscules flottant à la surface). Les montagnes ont jusqu’à vingt glaciers qui descendent dans les différentes vallées. On en suit deux en hélicoptère ; le pilote est tout content car il reprend son engin pour la première fois depuis huit jours (on a eu du bol avec le temps durant toutes les vacances), alors après nous être posés sur la neige en haut du glacier, il s’amuse à zigzaguer au-dessus des moraines bleutées, c’est géant !
Pour le nouvel an, les kiwis aiment imiter les cow-boys du far west avec un bon rodéo des familles : poussière, bière, veaux au lasso, bière, taureaux énervés, et une dernière petite bière pour la route, atmosphère locale et bon enfant garantie. Enfin ici, dans le far south, pour terminer l’année en beauté on sait aussi imiter les Suédois, avec des clones d’Abba s’époumonant sur la place de la cathédrale de Christchurch. On se réveille dans notre dernier Bed & Breakfast kiwi, le superbe et classé Eliza's Manor. La propriétaire ne s'appelle non pas Eliza mais Ann, c'est une charmante vieille dame qui collectionne les nounours (356 rien que dans l’escalier qui monte aux chambres !) et réussit à merveille les pancakes aux myrtilles le premier janvier : il est dix heures du mat’, la France attaque son foie gras du réveillon, ils ont encore deux heures avant les douze coups de minuit.
Miracle, ma commande de livres sur Amazon.fr vient d'arriver à Shanghai ! Je ne l'ai commandée QUE il y a six semaines et je n'ai payé QUE des frais de port en express...
Certes, les livres ont mis seulement deux jours pour arriver à Shanghai. C'est une fois en Chine que les choses se sont gâtées : sur le site de suivi de Chronopost mon colis était "En attente à l'agence" ou "Difficulté rencontrée", selon les jours et l'employé qui appuie sur le bouton (sûrement au hasard). Après quelques e-mails vigoureux à Amazon, le colis est passé mystérieusement du dépôt de Chronopost à celui de TNT. Les messages de suivi sont devenus en anglais et sont restés tout aussi énigmatiques: "Shipment held in warehouse", "Follow-up actions underway". Enfin, TNT m'a contacté pour me demander mes coordonnées (déjà parfaitement indiquées à la commande bien sûr). Espoir... mais quelques jours plus tard, toujours pas de livraison !
Il était semble-t-il bloqué à la douane chinoise. Non, les douaniers n'étaient pas en train de faire traduire les "Cabane Magique" de Joshua pour vérifier si ils ne contenaient aucun propos subversif, ils avaient simplement besoin que je confirme que j'avais bien commandé ce colis (en envoyant une copie de ma commande) avant de commencer le dédouanement.
C'est juste que personne n'avait eu l'idée de me contacter pour me demander ce papier. Je ne vois vraiment pas pourquoi je m'énerve....
PS : Si je ne vous ai pas ôté toute envie de passer une commande en France, sachez que pour des livres vous aurez la TVA chinoise à régler à la livraison. Le taux est apparemment de 10% mais il a été calculé sur un montant de 101 RMB (environ 10 euros) alors que ma commande s'élevait à 103,59 euros. J'ai donc seulement payé 10,10 RMB (un euro) de TVA. Voilà un autre mystère chinois que je ne chercherai pas à élucider !